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12 octobre 2016

Attentats, orphelins et commémorations Entretien avec Hélène Romano, psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme, membre du conseil scientifique de la Fondation d'entreprise OCIRP, dédiée aux orphelins en France.

Transcription textuelle « Attentats, orphelins et commémorations »

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Entretien avec Hélène Romano, psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme, membre du conseil scientifique de la Fondation d'entreprise OCIRP, dédiée aux orphelins en France.

 
Les attentats ont confronté les Français à une violence de guerre assez inédite pour la génération actuelle, puisqu'il n'y avait pas eu ce type de violence depuis la seconde guerre mondiale.

C'est quelque chose d’extrêmement insécurisant, d’extrêmement violent parce qu'on a été confronté à des morts des corps extrêmement malmenés par les terroristes et de nombreuses victimes, les personnes endeuillées, dont un certain nombre d'enfants, qui se retrouvent orphelins les personnes impliquées, on va dire petit peu plus large, qui n'ont pas perdu de proches mais qui ont failli mourir, qui ont été blessées et qui étaient aussi impliquées à un autre niveau mais qui sont aussi blessées psychiquement.

Les commémorations c'est important parce que ça permet à l'individu de ne pas se sentir tout seul et à un groupe et la société française en particulier de se rappeler qu'ensemble on est toujours plus fort que l'horreur. Autrement dit c'est un temps de résilience collective pour prendre soin les uns des autres à un moment donné où un acte terroriste a totalement mis à mal la cohésion. Le but des terroristes c'est justement de créer de la confusion au sein de la population, des tensions, des conflits. Donc les cérémonies c'est très important pour les personnes endeuillées, mais aussi pour l'ensemble de la population.

Pour les enfants orphelins des attentats, il y en a 52, la situation est assez particulière par rapport à des orphelins qui ont perdu un parent de maladie, d'un accident de la voie publique ou d'une mort naturelle. La particularité c'est que les orphelins des attentats sont considérés comme des orphelins de guerre et comme des pupilles. Ça leur donne un statut un petit peu particulier et ça, ça va changer plein de choses pour eux.

Ils ont perdu leur papa, leur maman. Il y a un petit garçon qui a perdu ses deux parents. C'est quelque chose, le deuil, dans la prime enfance, d'extrêmement violent. Ça fait partie des traumatismes les plus traumatogènes, les plus lourds dans la vie d'un enfant. Et on sait que tout va dépendre de la prise en charge après de l'enfant En tout cas c'est extrêmement violent. Donc ces enfants-là vont bénéficier d'une aide dans l'immédiat mais peuvent avoir besoin d'une aide dans le temps, à différents moments de leur vie, enfant, adolescent, et peut-être même adulte.

En étant orphelins suite aux attentats, ils deviennent pupilles de la Nation c'est à dire qu'il y a une reconnaissance de la Nation, de l'État Français d'être particulièrement attentif en leur direction. C'est une forme de protection qui n'est malheureusement pas assurée pour les autres enfants orphelins. Vous perdez votre parent d'une maladie il n'y a pas d'aide particulière pour ces orphelins-là. À part, grâce à des fondations d'entreprises comme celle de l'OCIRP qui est très unique dans l'accompagnement des enfants orphelins.

Mon engagement au niveau de la fondation d'entreprise OCIRP date déjà d'il y a quelques années et si je me suis investie c'est justement parce que la fondation d'entreprise portait un intérêt tout particulier aux orphelins.

Et c'est un sujet qui est trop méconnu, trop peu étudié.

Du coup j'ai trouvé particulièrement important d'y consacrer du temps.

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